Eautarcie

Portrait de Judy-Fay Ferron

Je me suis familiarisée il y a quelques mois avec le concept « d’eautarcie », comment l’appliquer en fonction du climat des pays et je crois qu’il pourrait s’insérer dans les sujets abordés sur ce blogue, bien qu’il implique une modification radicale de voir l’assainissement.

Eautarcie et un jeu de mot qui origine de l’autarcie, qui est synonyme d’autosuffisance. L’idée en arrière de tout ceci est de décentraliser l’assainissement de l’eau, de la recycler au maximum et d’arrêter de vouloir appliquer le modèle de gestion de l’eau nord-américaine (source centrale d’eau traitée pour tous, évacuation des déjections par une grande quantité d’eau et assainissement en un seul endroit) partout sur la planète.

Un des premiers points de base est la récupération de l’eau de pluie à la maison et son traitement en une eau potable (je peux comprendre les craintes de ceux qui habitent en ville sur la qualité de l’eau de pluie, mais nombre de personnes habite encore en zone non urbaine). Le premier principe de base de la gestion durable de l'eau consiste à adapter la qualité de l'eau aux usages qu'on en fait. Les besoins quotidiens en eau rigoureusement potable d'une personne ne dépassent pas 5 litres. Le problème majeur des pays en voie de développement est la pénurie d'eau de bonne qualité et la volonté d'utiliser de l'eau déclarée potable pour tous les usages. L’eau serait récoltée dans une citerne et traitée par microfiltration gravitaire ou à l’aide d’une petite pompe manuelle au travers de cartouche de céramique (qui pourrait, d’ailleurs, être fabriquée localement). Il s’agirait de la façon la plus économique de produire l’eau potable (faut-il supposer une désinfection ultérieure par du chlore?). Les eaux à usage non alimentaire (hygiène, lessive, vaisselle, etc.) peuvent être tirées d’un cours d’eau et auto-épurée au fil des semaines. L’auteur a mis au point et expérimentés sur le terrain des bassins creusés dans le sol (environ 100 cm profondeur), rendus étanches par une bâche plastique, où des plantes aquatiques intègre nitrates et phosphates et certains poissons et/ou grenouilles détruiraient les larves de moustiques (en effet, c’est bien beau des citernes d’eau mais de l’eau stagnante est susceptible au développement larvaire du moustique responsable de la malaria…). La lumière du soleil et le temps, à eux seuls, font décanter une bonne partie de la matière organique et laisse une eau clarifiée après 3 ou 4 semaines, sans oublier que les UV détruise les bactéries de surface. Il va même jusqu’à proscrire la désinfection des eaux non alimentaires, afin de stimuler le développement du système immunitaire.

La récupération des eaux de pluie serait aussi possible au Québec; peut-être les démêlés avec le règlement sur l’eau potable viendrait complexifier les choses, mais l’achat de bassins pourrait être fortement encouragée pour des usages horticoles domestiques et les villes pourraient même l’utiliser pour laver (au lieu de prendre de l’eau potable…). Je doute cependant que la majorité accepte d’utiliser l’eau de pluie pour la vaisselle et l’hygiène cependant.

Une autre partie du concept est de retourner nos eaux grises à la terre. L’eau que nous envoyons à l’égoût va dans un cours d’eau après épuration, mais devrait en fait retourner à la terre, afin de recharger les nappes d’eau souterraine, d’autant plus si l’origine de l’eau était souterraine ou de pluie, car c’est l’endroit où leur cycle les retournerait naturellement. Il suggère donc un temps d’autoépuration naturelle de ces eaux avant de les utiliser en irrigation.

Le concept d’eautarcie implique aussi l’utilisation de toilettes compostables, que je pourrais détailler éventuellement. Je suis consciente de l’utopie apparente de la chose, mais la récupération de l’eau de pluie me semble ce qu’il y a de plus plausible pour l’instant

Pour de plus amples détails :
www.eautarcie.com
 

Soumis par Judy-Fay Ferron le 9 mai 2009 - 19:02. |